Nous avons vu les images, ou nous en avons entendu parler : Marie-Antoinette, la plus célèbre des reines de France, arborant un bateau tressé dans ses cheveux, avec ses voiles et ses mâts. Une coiffure aussi extravagante semble aller de pair avec toute l'opulence de Versailles, le château de tous les palais, et son monde de théâtres et d'intrigues.
Si cette splendeur démesurée vous parle comme une chose dont vous aimez vous imprégner, ou si au contraire vous voulez mieux comprendre ce qui peut sembler a priori absurde, Memories France vous propose une variété d'ateliers de formation. visites guidées du château de Versailles par des experts et l'hôtel particulier et les jardins de Marie-Antoinette. Venez avec nous à Versailles et nous vous ferons revivre ce monde lors d'une visite à pied que vous n'oublierez jamais, que ce soit pour une journée entière ou une demi-journée, le Domaine de Marie-Antoinette ou le Palais Royal et ses jardins, ou tout, garnitures incluses, avec un accès spécial.
Mais vraiment ? Un navire ?

La reine s'est-elle vraiment promenée avec un bateau perché sur sa tête inondée d'une mer de tresses poudrées, au lieu d'une couronne ? Ou s'agit-il d'une idée reçue au même titre que “Laissez-les manger du gâteau” ou que le fait de s'habiller en laitière ? Découvrez la vérité sur le gâteau dans notre article de blog. ici.
Les légendes les plus folles circulent à propos de Marie-Antoinette, souvent sous forme d'exagérations ou de ragots malveillants. Prenons par exemple l'idée que la coupe de champagne a été modelée sur sa poitrine - à moins que ce ne soit celle de Mme de Pompadour, ou de Mme Dubarry ? Ou encore la croyance répandue selon laquelle elle aurait dit à la population affamée qu'elle pouvait se nourrir de brioche. De faux amis et des ennemis déclarés répandent les rumeurs, qui sont ensuite reprises par la machine de propagande contre elle.
La réalité est plus étrange que la fiction, comme nous l'avons vu dans la réponse à la question “Laissez-les manger du gâteau”, surtout lorsqu'il s'agit de la plus illustre des reines de France. Mais cette fois, pour répondre à la question du million de francs : oui, c'est vrai. Elle l'a vraiment fait.
Jusqu'où peut-on aller ? Ou comment Léonard a créé le Pouf

Avant d'aborder le bateau, il faut comprendre le “pouf” et l'homme qui en est à l'origine. Léonard Autié, venu de province à Paris avec pour seul bagage un peigne et de l'ambition, est bien décidé à faire fortune dans la capitale. Il est passé de coiffeur des actrices parisiennes à coiffeur de Mme Dubarry à Versailles, favorite du roi. De là, il se fraye un chemin jusqu'à la loge de la princesse héritière, Marie-Antoinette, lui faisant plaisir avec un peu de coquetterie froufroutante en mousseline de soie à mettre sur sa tête pour se promener dans les jardins.
L'année où elle est couronnée à la mort de Louis XV, Léonard travaille encore pour d'autres dames de la cour. La duchesse de Chartres a devancé Marie-Antoinette avec la Pouf Sentimental La première version du pouf a été portée en 1774, avec de petits cupidons en cire, un plat de cerises, un perroquet, son nouveau-né et ses serviteurs enveloppés dans 13 à 14 mètres de gaze. À partir de là, le pouf s'est répandu comme une traînée de poudre.
Deux ans plus tard, la “petite Toinette‘, comme on l'appelait, en a assez des remarques de sa mère sur ses vêtements et ses cheveux. Un soir, son mari la convoque au théâtre, depuis Versailles jusqu'à Paris. Dans un élan de rébellion contre Maman et les règles de la cour, elle a fait ce que toute reine de 21 ans aurait fait : elle a appelé son coiffeur.
Elle doit affirmer sa nouvelle place auprès des habitants de la capitale. Tous les regards seraient tournés vers elle et elle seule, avec une coiffure qui la proclamerait souveraine adulte prenant ses propres décisions. L'homme qu'une autre rumeur désigne comme son béguin, le galant Suédois, le comte Axel de Fersen, devait être présent au théâtre ce soir-là, ce qui a peut-être aussi joué un rôle dans sa décision.
Léonard a bu toute la soirée et se dit “assez chargé de vapeurs spiritueuses”. Pourtant, à la demande de la reine, il confie sa muse à Bacchus et se met au travail. Sa tête pleine de spiritueux - plus quelques tasses de café - lui a bien servi. Une heure plus tard, la jeune reine était coiffée de trois énormes plumes d'autruche blanches, maintenues par un furbelow rose et un gros rubis pour maintenir l'ensemble.
Marie-Antoinette hésite un court instant devant cette coiffure audacieuse qui doit faire, s'écrie-t-elle, un mètre de haut. Mais elle est ravie. Lorsque l'associé de Léonard apprend que la coiffure s'élève à 40 pouces du bas du menton, il pense qu'ils seront envoyés à la Bastille. Au lieu de la prison, ils ont fait fortune.

Poufs DIY : Version rapide et sale
Depuis une dizaine d'années déjà, les coiffures prenaient de la hauteur. Elles ont commencé sur des supports aussi modestes qu'une forme de banane qui s'est transformée en une sorte de donut surélevé.
La base du “beignet” de laine était constituée de liège, de crin ou de duvet émiettés (tous assez légers). Elle était ensuite fixée au sommet de la tête.
Ensuite, du pomatum parfumé (fleur de citronnier, fleur d'oranger, bergamote, etc. sur de la graisse animale fondue - qui est elle-même inodore) était passé dans les sections de cheveux que l'on poudrait ensuite (pas seulement en blanc : les poudres roses et bleues étaient d'époque ! Ensuite, le trou du donut était recouvert de boucles, vraies ou fausses, de furbelows ou de figurines.

Après quoi, vous vous assommerez de décorations. Chez Léonard Zéphyr Vous pouvez aussi opter pour une déclaration sociale, comme lorsque Louis XVI a encouragé la culture de la pomme de terre pour lutter contre la famine et que Marie-Antoinette a porté un tubercule dans ses cheveux. Tout est possible.
Et combien avez-vous dit ? Combien ?
La version décrite ci-dessus était une version abordable qui, avec une abondance d'oreillers pendant la nuit, pouvait garder sa forme pendant des jours, voire une semaine, jusqu'à ce qu'elle ait besoin d'être refaite. Ce pouf pouvait coûter de 6 à 24 livres, si l'on se réfère aux prix des coiffures d'après-mariage pour la classe moyenne (soit environ 230$ à 950$ USD aujourd'hui).
Une star de l'opéra a payé 232 livres (environ 9000$ USD aujourd'hui) pour que son pouf soit transformé en perruque, ce qui représente une dépense plus importante, mais la perruque dure plus longtemps.
Mais les heures de coiffure qu'exigeait le pouf d'une dame de la haute société supposaient une vie de loisir et d'abondance. Une noble femme payait son coiffeur 24 000 livres par an pour avoir une coiffure quotidienne différente. Cela représente entre 900 000$ et 1 million USD aujourd'hui. Pour saisir l'ampleur de cette extravagance, il est utile de la comparer aux salaires de tous les jours. Dans les années 1780, un artisan parisien qualifié gagnait environ une à deux livres par jour, tandis que les ouvriers non qualifiés gagnaient souvent moins d'une livre. Une somme de 24 000 livres représente donc plus de cinquante ans de salaire pour un ouvrier qualifié - ou une vie entière et plus pour beaucoup d'autres.
Marie-Antoinette changeait également de coiffure tous les jours. Pour les chiffres, nous avons la réception de 4.063 livres de produits capillaires de Léonard pour la seule année 1787. Cela représente aujourd'hui près de 34 000 dollars, rien que pour les produits.

Splendeurs et misères du pouf
Une coiffure comme la Pouf La Belle Poule pouvait atteindre jusqu'à 60 cm de haut et était incroyablement lourd, pesant souvent plusieurs livres en raison des couches de cheveux, du rembourrage, des fils et des ornements.
Dormir : Pour préserver le pouf, les dames dormaient en position semi-redressée, souvent en s'appuyant sur des oreillers spécialement conçus ou sur des chaises inclinées. Il était impossible de se coucher à plat sans détruire la structure élaborée. Certains récits mentionnent même de petits tabourets ou coussins pour maintenir la tête surélevée pendant la nuit.
Les wagons : Monter dans une voiture à cheval n'était pas non plus une mince affaire. La hauteur et la largeur du pouf rendaient les portes parfois difficiles à franchir, et il fallait se placer avec soin pour éviter d'écraser la coiffure. Certains carrosses ont dû être modifiés, les dames s'accroupissaient et les courtisans aidaient à ajuster les cheveux avant le départ.
Hygiène et confort : Le port d'une coiffure aussi élaborée pendant plusieurs jours posait des problèmes d'hygiène. Les cheveux pouvaient être infestés de poux ou d'acariens s'ils n'étaient pas méticuleusement entretenus. Les femmes évitaient souvent de se laver les cheveux trop fréquemment et utilisaient plutôt des poudres et des parfums pour masquer les odeurs. Le poids et la structure de la coiffure provoquaient également des tensions au niveau du cou et des maux de tête, ce qui rendait les longues périodes de port inconfortables.
En bref, le pouf était un Il s'agissait d'une œuvre d'art, mais qui exigeait de la patience, de l'endurance et une bonne dose d'inconfort. En porter un était un signe évident de statut : seuls ceux qui possédaient des richesses, des serviteurs et des loisirs pouvaient vraiment le faire.
Léonard aimait raconter l'histoire de la duchesse de Chartres, arborant son Pouf Sentimental un soir de théâtre. Ses ornements s'emmêlèrent dans un candélabre lorsqu'elle se leva, expulsant perroquet et cerises. Ceux-ci furent rattrapés par son père, avant qu'ils ne tombent sur les sièges du dessous pour faire de sa fille la risée de tous.
Pour la soirée de Marie-Antoinette au théâtre, les serviteurs ont dû soigneusement déplumer la robe de la reine pour qu'elle puisse monter dans la voiture qui l'emmenait à Paris - et, dit-on, ils ont dû les laisser là pour son retour.
Après l'essor de ce style, le public des théâtres ne pouvait plus assister aux spectacles à cause de la forêt de tresses pommadées. Le directeur de l'Opéra de Paris décrète alors que seuls les poufs modestes sont admis, sous peine d'arrestation par les forces de l'ordre.

La vérité de l'histoire
Alors oui, la Reine de France a bercé une frégate entièrement gréée, avec canon (et même fumée de canon !) et mât, ancrée dans le port de ses écluses pommadées, ses vagues naturelles imitant les marées qui la ramèneraient en mer.
Mais pourquoi ? Le style a été baptisé Pouf à la Belle Poule et était porté comme une déclaration politique et patriotique, et non comme un simple caprice de la mode.
Voici pourquoi c'est important :
Célébration d'une victoire navale française

En 1778, pendant la guerre d'indépendance américaine, la frégate française La Belle Poule a vaincu un navire britannique, le HMS Arethusa. Bien que modeste sur le plan militaire, cette victoire est extrêmement symbolique : elle renforce la fierté française et signale que la France s'oppose de plus en plus à la domination navale britannique.
À une époque où l'opinion publique compte plus que jamais, cette victoire fait sensation à Paris.
La mode comme propagande
En le portant, la reine célèbre publiquement les succès de la France, s'associe à la fierté nationale et à la puissance militaire et soutient l'engagement de la France dans la cause américaine.
En fait, ses cheveux sont devenus de la propagande royale - une manchette ambulante.
La pièce la plus élaborée de Marie-Antoinette poufs n'étaient pas seulement une question de glamour - elles étaient des commentaires visuels sur les événements actuels, de la propagande royale ou des déclarations allégoriques. Elles lui permettaient de s'engager dans la politique et le sentiment public sans prononcer un mot, tout en éblouissant la cour.
Venez nous voir pour en savoir plus !

Ce n'est donc pas une légende mais un fait, la coiffure est une fenêtre ouverte sur toute une culture. Cette fenêtre nous permet surtout d'observer le mode de vie versaillais, avec tout ce qu'il comporte de théâtral et de spectaculaire.
Remontez le temps et entrez dans le monde de l'excès et de l'extravagance qui nous a donné la Pouf à la Belle Poule. Découvrez nos Visites de Versailles et laissez nos guides experts vous faire revivre les histoires qui se cachent derrière le spectacle !
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